Archive for the ‘La vie du collectage’ Category

Rencontre furtive avec Inah dans un hall d’immeuble

Elle me voit avec un instrument et me demande comment faire pour essayer la musique. Elle sera peut-être des nôtres lors de la prochaine fanfare touffienne… Elle me propose de me mettre en contact avec la dame camerounaise qu’elle vient voir au Château…  une tresseuse… à suivre…

Rencontre avec Albert Bienvenu

J’arrive à 10h au 118 avenue du Château, au 3è étage. Toutes les portes des appartements du palier sont ouvertes, des perceuses s’activent, une forte odeur de peinture règne, six ouvriers passent d’un appartement à l’autre, avec seaux, marteaux, pinceaux…
Albert m’accueille tout de même dans son appartement en travaux. Il est plutôt gêné, il n’a pas eu le temps de me contacter pour annuler le RDV. Il n’est pas tout à fait tranquille, c’est bien normal, je décide de ne pas enregistrer cet entretien. Albert Bienvenu a quitté Yaoundé au Cameroun pour s’installer provisoirement en France. Déçu par ce grand voyage il a entrepris de monter une exploitation de cacao dans sa campagne natale. Sa femme, professeur de droit et avocate travaille au Cameroun, elle y est actuellement.

Lui et ses trois frères ont monté le groupe Kiss Kiss Balafon : Ils ont été bercés par le Bikutsi et surtout une de ses « branches » : le Mendzang. A suivre…

 

Fête de Balmont – concert d’Anna Kupfer au Foyer Protestant

Cette fête, organisée à l’initiative du Foyer Protestant, réunit les divers usagers du Foyer et ses partenaires (habitants mobilisés par la Mirly Solidarité, les Cafés détente… et associations de quartier : Vêtiduch, La Théière d’Aladin, habitués du Café culture…). Nous sommes une quarantaine de personnes, d’horizons très différents, à  partager une galette des rois dans une ambiance très conviviale avant le concert d’Anna Kupfer.
Elle s’installe simplement sur une table devant une assistance attentive. Suite à un set de chansons piochées en Roumanie, au Mexique, en France, en Italie, une ambiance chaleureuse et généreuse s’installe et des voix s’élèvent quand Anna invite le public à pousser la chansonnette.
Bernard Marguin ouvre le bal avec l’Hymne à la Duchère qu’il reprend afin de nous l’apprendre, Martine Vacle entonne son « C’est si bon… », Imer chante un chant a capella, un chant « qui doit s’entendre d’une montagne à une autre ». Le groupe de femmes de la Théière d’Aladin ne souhaite pas chanter en présence d’hommes mais elles ont pris à deux reprises mes coordonnées pour me convier à leur prochain temps de rencontre qui ne se déroule jamais sans chants et percussions. Un très beau moment d’écoute, de découverte et de partage. De nombreux contacts ont à nouveau été pris.

Mes rendez-vous sont décalés. Prises de sons d’extérieur : aux pieds de la tour panoramique, au square Avéroès, au centre commercial, dans les halls d’immeubles, les ascenseurs. Sons de sonnettes, sons du quotidien…

La Duchère est glacée et tellement brumeuse que l’on aperçoit pas le sommet des immeubles. Mon rendez-vous avec Bernard Marguin a malheureusement été annulé, mais il me semble que les raisons de cette déconvenue sont importantes à mentionner. Les travaux s’accélèrent au 118 avenue du Château, les habitants sont prévenus la veille pour le lendemain de la venue d’ouvriers dans leur appartement pour des interventions lourdes, pour des signatures de bail ou des réunions de locataires sujets à la restructuration. Je vois Bernard la semaine prochaine mais aujourd’hui … « je suis désolé je ne peux pas vous recevoir, ils ont tout cassé …. mes toilettes sont au milieu de ma cuisine… »

Je tente tout de même de faire quelques prises d’extérieur au parc Avéroès. Les machines sont arrêtées par le froid et le peu de visibilité, il n’y a presque personne dans la rue.

Présentation du projet la.BA.la.BEL au Foyer Protestant, lors d’un Café Détente

Lorsque j’arrive, une vingtaine de personnes sont assises autour d’une grande table, verres et assiettes installés prêts à accueillir les mets présents (gâteaux variés, jus de fruits, thé, café). Ce sont surtout des personnes âgées, surtout des femmes qui sont assises là à discuter.

Après un petit moment informel, nous présentons la résidence sous ses multiples formes, Jean joue quelques airs… La résidence est plutôt bien accueillie. De nombreuses personnes sont intéressées par la chorale.

Nous discutons des chansons qu’ils écoutent : surtout de la variété des années 70/80… certains ont fait partie de chorales sur le quartier… c’est aussi l’histoire de chacun qui ressort, l’histoire des rapatriés d’Algérie venus à la Duchère en 1962, l’histoire de cette grand-mère qui apprenait le piano à Alger et qui y a laissé sa méthode rose au moment de partir… Certains nous entonnent le chant « C’est nous les Africains », un chant du temps de la colonisation française… ça aussi ça fait partie de leur histoire.

Puis Bernard, de l’association « Vivre au Château » nous rejoint. Il entonne la chanson de la Duchère, de Camille Jacquemont, puis des chants de Canuts (mon plateau de la Croix-Rousse, Le long des quais…), et enfin un chant patriotique que tout le monde entonne après lui… un chant du temps de la 2nde guerre mondiale… ou comment l’histoire a marqué certaines générations !

Repas de l’Aïd au Foyer Protestant

Repas organisé par le Centre Abraham et la Théière d’Aladin au Foyer Protestant.

J’ai invité Imer, Suzana (sa fille) et son fils à venir à la soirée, jouer un peu de musique et danser. Imer en a profité pour inviter lui aussi des amis albanais avec qui il est habitué à jouer. Comme ils étaient sur Lyon, Christian et Olivier de l’ARFI se sont joints à la soirée.
Tout ceci s’organise un peu au dernier moment. J’ai bien sur demandé l’avis et l’autorisation au pasteur, Pierre Olivier, mais sans trop savoir comment se déroulerait la soirée…

Nous sommes arrivés. Abderrazak HARCHAY, un joueur de Oud tunisien nous accueille, heureux de rencontrer des musiciens, de pouvoir échanger sur la musique, sur son rapport à la musique…
La salle est alors déjà bien pleine. Les personnes présentes sont surtout des personnes âgées, réparties autour des tables.

Aberrazak commence à jouer du oud… entre temps il fait connaissance avec Imer. Les deux passionnés se présentent leurs instruments respectifs, les échangent, testent, comparent… puis Imer l’accompagne sur quelques morceaux. Imer et Napoléon (un de ses amis albanais venu avec son synthé, qui joue aussi de l’accordéon) jouent ensuite. Ils reprennent des thèmes traditionnels avec le synthé… c’est surprenant de voir Imer jouer avec un synthé, lui qui parle de la tradition avec une telle fermeté… mais il s’adapte, aux personnes présentes, au lieu, au moment… sa vision de la tradition est au final bien moins fermée et figée que j’aurai pu le croire au premier abord.

Puis c’est un groupe de chanteurs comoriens de la Duchère qui arrive… la salle est déjà comble et ils arrivent à une bonne dizaine, notamment de jeunes chanteurs en pleine puberté…
Alors que le public commence à repartir, Imer reprend le micro et Napoléon le synthé. Les Comoriens restés non loin, les accompagnent en chantant, en marquant le rythme, en dansant… Suzanna se met au milieu de la pièce et exécute des danses traditionnelles du Kosovo, entrainant plusieurs personnes avec elle…

Les corps se frôlent, on ne fait plus la distinction entre musiciens, habitants venus pour manger, personnes de l’organisation. Les personnes sur le départ se prêtent à une dernière danse, un dernier sourire… Une belle soirée d’échanges, de rencontres, d’attention, de création…

 Soirée de clôture du Forum l’Avenir est à nous ! Vivre et agir ensemble à la Duchère

Ce samedi, il pleut, je me rends avec flemme à la soirée de clôture. Plus encore que les rues du centre-ville, celles de la Duchère sont vides. Il est 17h30 et il fait déjà nuit !

A ma grande surprise, arrivée devant la porte de la Maison des fêtes et des familles, une cinquantaine de personnes sont réunies au chaud à manger des marrons et boire quelques verres.

Errance

Je retente de rendre visite à l’un des membres de l’Eglise Presbytérienne Camerounaise en France paroisse Gweha-Lyon, dont j’ai trouvé l’adresse dans le JO (Journal Officiel). Cette fois l’ascenseur fonctionne ! Je me rends à l’étage D (6 et 7e et.) et arpente les couloirs. La plupart des portes des appartements sont blindées. Et les 2 portes d’appartement occupé ne laissent paraître aucun signe quant aux locataires. Je décide donc de redescendre, et malgré tous mes efforts l’ascenseur m’a eu. Je redescendrai les 7 étages à pied ! Sur les boîtes aux lettres, aucun signe d’existence de cette association. Je me résous à penser que les membres ont dû déménager.

 Je tente de me rendre à l’adresse de l’association « Or Thora » située rue Marcel Cerdan, au numéro 205. Mais arrivée dans la rue,  je prends conscience qu’il s’agissait de la barre des 200, dont une importante partie a été démolie depuis (dont le numéro 205). Cette partie de la barre a laissé place à des petits immeubles de 2 étages, auxquels on peut accéder par des petits portails bien fixés devant chaque entrée (impossible d’aller jeter un œil aux boites aux lettres…).

Faute de rencontrer les membres d’associations, j’erre dans les rues. Sur un banc je rencontre 2 jeunes assis à discuter. Nous commençons à discuter. Ils sont un peu surpris de me trouver là. Comme moi lorsque j’apprends qu’ils habitent à Valmy et qu’ils choisissent ce banc pour se retrouver… Ils sont originaires du Congo et viennent ici retrouver quelques amis. Un autre jeune homme,  comorien, Ali, les rejoint peu après. Lui non plus n’est pas du quartier, après avoir habité à Valmy il est maintenant à Laennec. Mais il chante, il fait du rap. Je prends son contact, nous discutons, il est très intéressé par le projet. Il vient voir un ami ici, mais la plupart sont partis, pour beaucoup à Villeurbanne selon son avis.

Un petit tour au vide grenier de Balmont
rencontre d’un membre de l’association de la mosquée

Ils tiennent un stand (= une chaise) pour collecter des fonds pour la construction de la nouvelle mosquée : une mosquée moderne sur deux étages, car celle-ci est apparemment très petite. Au sein de la mosquée, la musique n’est pas bien vue. Par contre il apprécie la musique dans les mariages. Mais les mariages musulmans sont organisés à l’extérieur de Lyon, il n’y a plus de salle assez grande ici pour accueillir… Ce sont les mariés qui contactent directement les musiciens.

Puis je suis allée sur le marché de Balmont. C’est le grand marché de la Duchère, un marché alimentaire et d’habits. C’est rassurant de voir du monde car depuis que je viens à la Duchère, je croise peu de monde dans les rues, les places sont plutôt vides, tout comme le peu de cafés. Il y a peu d’endroit public de rencontre, outre les parkings et les halls d’immeubles.

Errance à la Duchère :

Je continue mon exploration du quartier. Découverte du quartier Balmont et rencontre avec les commerçants.
A Balmont on a : un tabac/presse, une pharmacie, une boulangerie/café et le Ciné Duchère. Les autres devantures de magasins sont fermées.

Je parle du projet au couple du tabac/presse, ils sont intéressés mais ne voient pas dans leur entourage de personne qui chante, danse, raconte… ils me conseillent de mettre une petite annonce (pourquoi pas ? un nouveau dispositif à tester ?). Même constat avec le couple de la boulangerie/café où je me pose prendre un café. Je leur laisse mon contact, au cas où…

Faute de pouvoir joindre les associations communautaires par téléphone, je tente d’aller frapper à leur porte.
Une association de jeunes de l’océan indien. Je me rends à l’adresse indiquée. Pas de contact sur les boites aux lettres, je me renseigne auprès d’un habitant de l’immeuble. Ca ne lui dit rien, je tente en vain de frapper à quelques portes, même résultat… Aucune trace de cette association, elle semble avoir déménagé.

Je me rends dans la barre 230, où serait le siège de l’église presbytérienne camerounaise en France… sûrement un contact intéressant ! J’arrive dans l’entrée, je  discute avec des dames qui sont là de tout et de rien, de la rénovation, de leur déménagement… Au bout de quelques minutes, nous réalisons que l’ascenseur est en panne ! L’adresse est à l’étage « D », ce qui correspond aux 6e ou 7e étage… mais je réalise ensuite qu’il me manque l’orientation (nord, centre, sud). Chaque étage est découpé en 3 blocs non reliés. Ai-je le courage de gravir 3 fois 6/7 étages ? Je repousse à la semaine prochaine, quand l’ascenseur fonctionnera. Du reste, les femmes que je laisse remontent chez elles par les escaliers, qu’elles habitent au 7e ou au 14e

Je passe ensuite sur le marché du Plateau, un petit marché (2 stands) situé à côté de la tour panoramique. Je discute avec l’un des revendeurs qui, il se trouve, habite le quartier. Il n’a pas trop d’idées mais prend mon contact pour en discuter avec ses amis, sa famille…

Demain c’est le grand marché de Balmont et le vide grenier au centre social sauvegarde, peut être mes recherches seront plus prolifiques….