Archive for the ‘La vie du collectage’ Category

En vue de préparer la rencontre de Marguerite avec les musiciens de l’ARFI, je retourne la voir ce mardi.

Autour d’un délicieux café au miel, nous réalisons de nouveaux enregistrements, trouvons la traduction de ces chants, tâtonnons le rythme et discutons.

Des amis à elle passent par hasard, ils sont surpris de nous trouver là, un micro posé sur la table. « Mais tu chantes Marguerite? » Quelle ne fut pas ma surprise d’apprendre qu’ils ne savaient pas qu’elle chantait si bien.

Pour la peine un petit extrait de ces nouveaux enregistrements : Mior Ya

Mior ya koum djro,
Non gné movi wo,
Dé gba djo, Mi an gblé oun dè yé

Venez me soutenir
Mes frères
Quelque chose vient de se passer
Ne me laissez pas tout seul

 

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Ce matin rendez-vous à la MJC de la Duchère ! Marguerite y rencontre l’ensemble des musiciens ARFI du Babel Orkestra afin de travailler deux chansons de son répertoire : Mior Ya, une chanson béninoise de deuil qui appelle au soutien des proches, et Doto, une chanson religieuse togolaise.

Tâtonnements rythmiques et mélodiques, échauffements vocaux, éclats de rire et découverte d’un répertoire, ont marqué cette belle première rencontre qui ouvre les portes du Babel Orkestra vers une nouvelle aire géographique, un nouveau répertoire.

 

Pendant un mois, la boite sonore s’est installée dans la Bibliothèque de la Duchère. Ouvrant ses rabats au recueil de chants, d’histoires, de poèmes, de comptines du monde entier.

Ce sont plus de 40 personnes qui sont venues déposer une empreinte sonore lors de leur passage à la bibliothèque : des comptines, des témoignages de la guerre, un souvenir d’enfance, un poème appris à l’école, des compositions, des cris de rage ou des sourires…

Prochainement, des extraits seront mis en ligne et un temps festif d’écoute sera organisé au sein de la bibliothèque.

La Boite sonore voyagera ces prochains mois dans les structures du quartier, si vous souhaitez l’accueillir n’hésitez pas à nous contacter : marilou.terrien@cmtra.org

 

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 Lundi 15 juillet

Dans le cadre de la semaine musique du Centre Social Plateau, Ibrahim de l’AECCL intervient ce lundi matin auprès du groupe des marmottes, des petits bouts de 3-4 ans. Ils sont une quinzaine ce matin à attendre la venue du « musicien ».  La rencontre commence par un temps de présentation… Puis Ibrahim parle de la musique, de son aspect universel et accessible à tous, de la musique comme moyen de vivre ensemble.. des concepts pas si simples pour des si petits, mais ils écoutent et interagissent.

Ibrahim sort ensuite de son sac sa flute, qu’il a lui même construite à partir d’un bout de tuyau, avec lequel il joue un air traditionnel comorien… Les enfants sont tout ouïe! Ils essaient ensuite à tour de rôle de souffler dedans… Puis Ibrahim présente sa flûte à bec, dans laquelle les enfants tour à tour soufflent de plus belle ! Il n’y a pas à dire, c’est plus facile de souffler dedans ! Puis il sort sa derbouka… ce tambour, cette percussion. Il joue quelques airs aux enfants puis leur propose de venir chacun leur tour s’exercer à un jeu de questions-réponses. Ils se mettent en face de lui et reproduisent le rythme frappé par Ibrahim… puis ils viennent à deux, à trois…. se mettent en place ensuite des petits ateliers autour de chaque instrument.

Mais les ventres gargouilles et l’heure de manger approche… c’est déjà le temps des aurevoirs !

Retrouvez l’actualité des activités pédagogiques du CMTRA sur : www.musiquesdemonquartier.org

17 juillet

Ce mercredi après midi, je reviens auprès du groupe des marmottes pour un temps d’écoute, d’échange et d’apprentissage de chansons. Comme ils sont nombreux, nous faisons deux groupes… Nous commençons par les présentations par une petite chanson pour se dire bonjour et se réveiller de la sieste. Puis je leur raconte une histoire accompagnée de chansons enfantines collectées dans différents quartier de Lyon… c’est l’histoire d’Aminata, une jeune demoiselle qui a perdu son amie la girafe… qu’elle va essayer de retrouver avec l’aide de ses amis et de leurs amis animaux, à l’aide de chansons du monde… et d’animaux! Les enfants sont invités à participer à l’aide de signes et de gestes…

Après un temps d’échange, nous apprenons une des chansons de l’histoire, que nous mettons en gestes et en mouvements.

Les ventres gargouillent, l’heure du gouter approche… c’est le temps des aurevoirs… toujours en chansons!

 

DSC02328Le Forum du Développement humain, organisé par le groupe Abraham sur la Place Abbé Pierre, clôture le Festival d’Art et d’Air. Le soleil est au rendez-vous, avec un peu de vent, quand même. Les Duchérois discutent, papotent et profitent de l’ambiance  conviviale et sereine de ce dimanche après-midi qui met fin en douceur à un week-end riche en événements.

L’accent est mis sur le partage et la participation dans le quartier : des stands de jeux et de dessins pour les enfants, des débats autour du thème « De quoi sommes nous riches ? Qu’est-ce que nous rend plus humains ? » pour les adultes, mais aussi, de la musique pour tout le monde ! Le CMTRA invite pour l’occasion de nombreux habitants du quartier qui ont été collectés pour organiser deux moments de rencontre et d’improvisation musicale pour inaugurer et clôturer le Forum.

DSC02332Ce sont d’abord les Rondines qui prennent la scène et chantent une chanson brésilienne et la fameuse « Ayde Jano » qui fait rêver d’Europe de l’est. Ensuite c’est le tour de Christophe Dao, qui accompagne sa femme, Pech, à la mandoline tandis que celle-ci chante des chansons de légendes cambodgiennes en dansant, les deux habillés de leurs tenues traditionnelles. Leurs deux petits garçons intrigués participent aussi au spectacle… C’est toute une famille que nous avons le plaisir de voir !

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A la fin de la journée, la musique reprend avec la chorale camerounaise. Les chansons bougent, font danser, avec André Philippe Ouayo, Christophe Laÿs du conservatoire de musique et les enfants du quartier aux percussions. Imer Baqaj prend ensuite le micro et interprète des chansons à danser albanaises avec son chiftelia, accompagné de ses deux filles à la danse et des précédents percussionnistes. Bernard Marguin vient terminer ce temps avec la traditionnelle Chanson de la Duchère, reprise par le public.

L’idée de faire quelque chose ensemble, de simplement écouter, chanter et partager les répertoires des uns et des autres a pris sens en cette journée d’été… ponctuée par la joie et la bonne humeur de chacun!

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Dans le cadre des IMI (Interventions Musicales Impromptues) de mai, le CMTRA fait le relais entre les musiciens du collectif ARFI et les habitants du quartier rencontrés et collectés.

IMI-Mai2013 067Ces moments de rencontre autour de la musique sont l’occasion pour les musiciens de mieux connaître les habitants, de discuter des traditions musicales de leur pays d’origine, mais aussi, d’esquisser les premières pistes de projets musicaux communs.

La première personne rencontrée est Christophe Dao, un ancien joueur de mandoline d’un groupe de musique traditionnelle cambodgienne. Christophe, rejoint par sa femme Pech, ouvre chaleureusement les portes de sa maison aux musiciens… Les vidéos de mariages traditionnels du Cambodge en musique de fond, Christophe et Pech racontent avec humour les différents genres de chansons traditionnelles, les gestes codés et délicats de danses, les coutumes de mariages, et en parallèle, la vie en France, la nourriture, la ponctualité des gens… Christophe joue quelques morceaux à la mandoline, très motivé, ainsi que Pech, à rencontrer les musiciens une deuxième fois pour discuter plus amplement de faire de la musique ensemble.

IMI-Mai2013 110Ensuite c’est au tour des musiciens de l’ARFI d’accueillir les habitants dans leur salle de répétition dans la Tour Panoramique. Bernard Marguin, un homme très vivant et amateur d’anciennes chansons lyonnaises et duchéroises, Yakup Kizilkaya, connaisseur de chants populaires turcs, et Jean Atlan, avec ses chants juifs en hébreux, sont invités à partager leur répertoire. Les musiciens les accompagnent par moments spontanément en improvisant à la trompette ou à la clarinette. Les sonorités anciennes des chansons traditionnelles et celles un peu plus jazzy des musiciens se mélangent, se transforment, se cherchent et se complètent, mais surtout, donnent envie d’en écouter plus…

Les musiciens de l’ARFI profitent des IMI (Interventions Musicales Impromptues) de mai pour s’infiltrer en cachette dans la Bibliothèque Municipale de la Place Abbé Pierre…

Des sons surprenant de la trompette contre les vitres des étagères, des bruits de vents d’instruments bricolés, des livres transformés en surface pour percussion remplissent la bibliothèque sous les regards étonnés des lecteurs et amusés des bibliothécaires  pendant une petite demie heure d’improvisation expérimentale…

Un sourire malicieux au coin des lèvres des musiciens, l’idée de surprise et de recherche  de nouvelles formes d’interaction avec les habitants de la Duchère prend tout son sens ce jour là à la Bibliothèque. Cela créé une coupure inattendue dans le quotidien calme des livres, où domine seul le bruit des pages feuilletées.

Suite à l’intervention des musiciens, le CMTRA organise un temps d’échange dans la salle d’animation de la Bibliothèque autour du site La.BA.la.BEL, pour mettre des sons collectés en écoute, parler de la résidence artistique… Mais le beau temps n’aide pas à garder les personnes trop longtemps dans la salle, et l’intervention prend fin rapidement. Mais cela n’empêche surtout pas de réfléchir à mettre en place des ateliers de collectage pour plus tard, à la recherche des sons singuliers de cet univers silencieux.

 

Le hall d’entrée du Ciné Duchère est aménagé ce mercredi 13 mars en salle de spectacle à l’occasion du 15ème Printemps des Poètes. L’exposition de calligraphies arabes contemporaines, aux figures arabesques et orientales de Salima Lekoura encadre ce spectacle et nous fait voyager en dehors de cet espace-temps.

Organisée par l’association Les ArTpenteurs, c’est une soirée qui célèbre autant les mots et les images que les résonances entre les langues. A la suite de l’écoute de poèmes « Du Chili au monde arabe », se déroule une scène ouverte en différentes langues avec les habitants de la Duchère. Marguerite Degbevi, rencontrée dans le cadre du collectage la.BA.la.Bel, monte alors sur scène avec sa berceuse « Djé djé Vinié », « Mon enfant » en langue mina, et une chanson religieuse en langue fond. Dernière participante de la scène ouverte, elle la conclut ainsi avec sa jeune et joyeuse voix, avant de passer au dernier volet de la nuit autour de grands auteurs arabes classiques et contemporains.

Cette soirée de voyage dans les langues et les mots sera suivie par d’autres… prochain rendez-vous le 4 avril !DSC01952

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La deuxième séance d’atelier avec les deux classes de CM2 de l’Ecole des Bleuets se déroule aujourd’hui dans la salle de musique. Mais nous sommes au regret de vous annoncer que nous n’avons pu enregistrer les séances, en raisons de problèmes techniques… résolus ultérieurement !

Comme décidé à la fin de la première séance, nous demandons aux élèves de s’asseoir en cercle. La première classe n’a pas ramené des chansons de chez eux… Des questions de honte et de timidité émergent  à nouveau. Mais cela n’empêche pas certains de vouloir chanter tout de même ! Nous proposons de détourner nos têtes ou de fermer les yeux quand certains veulent chanter. Comme dans un petit jeu de cache-cache, on doit aller chercher les chansons. Les filles nous chantent de nouveau « Dana dana dayni », puis c’est le tour de trois garçons qui nous jouent de la derbouka… Leur timidité se dissipe petit à petit alors que nous terminons la séance avec l’écoute des montages et des enregistrements que nous avions préparé.

La deuxième classe, comme la dernière fois, est plus verbale. Une petite d’origine indienne a ramené quelque chose pour nous : elle nous chante une berceuse indienne qu’elle a demandé à sa mère de lui apprendre. Elle nous promet de nous la rechanter la prochaine fois quand nous aurons réglé nos problèmes d’enregistreur. Nous passons alors à l’écoute de musique. Les élèves commencent à chuchoter dès qu’ils ont repéré un élément, un mot, un rythme, un son… des doigts se lèvent, impatients de donner la bonne réponse, beaucoup aiment le jeu de la devinette de chansons…

A retenir pour la prochaine séance : ramener une gamme encore plus variée de musique, faire participer tout le monde… et l’enregistreur. Ca peut être utile !

Retrouvez l’actualité des activités pédagogiques du CMTRA sur : www.musiquesdemonquartier.org

C’est lors d’un long entretien captivant, entrecoupés de rires, de plaisanteries et de multiples tentatives de préparation de café, que nous découvrons Monette Hernandez, une grande dame, ouverte de cœur et d’esprit, outrée par les préjugés. La discussion nous emporte dans un voyage à travers le temps et l’espace, à l’image de la vie aventureuse de Monette, qui nous avoue avoir été très marginale dans sa jeunesse, avec ses longues robes et des idées avant-gardistes.

Au milieu de petits objets de décoration collectés au cours de ses voyages, elle nous raconte l’histoire de son arrivée tumultueuse depuis l’Espagne en France, puis à la Duchère, il y a cinquante et un ans de cela. Elle a eu la chance de contempler de près la naissance du quartier, ses évolutions et le changement de sa réputation. Monette nous parle alors de la place centrale de la Foucade, un café-restaurant alternatif, du Cinéma Ariel… La Foucade était un lieu fédérateur, de partage, qui animait des évènements festifs, des repas, des projections de films… Mais on y discutait aussi des problèmes du quartier, de possibles solutions… A cette époque La Duchère accueillait les rapatriés de la guerre d’Algérie, les premières vagues d’immigrés depuis le Maghreb, puis d’autres, transformant les sous quartiers en de véritables villages par pays. Monette parle avec nostalgie de ce temps de partage et d’entraide entre habitants, du temps où les allées étaient collectives… « Nous avons raté quelque chose » nous dit alors une Monette navrée se rappelant de la montée du sentiment d’insécurité et de violence par la suite dans le quartier, même si on assiste à une reprise depuis une dizaine d’années.

Nous terminons cette conversation qui s’apparente par moment à un film en noir et blanc, avec l’impression, peut-être idéalisée, que malgré les moments difficiles, la Duchère reste un lieu dynamique où se nouent de fortes amitiés.